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I


Voilà à quoi j'en suis réduite...
à prospecter sur des sites internet, afin de pouvoir espérer décrocher une adresse où postuler...comment ils faisaient avant les gens, sans internet? J'en viens à me demander comment tourne tout ce business du travail...

Elle se d
it souvent ca. Elle, c'est Candice.19 ans, un âge où on croit tout savoir et rien à la fois, où la maturité s'installe par cycles. Malheureusement il y'a des personnes pour lesquels ces cycles sont quelque peu dérangés voire anarchiques. C'est le cas de la jeune fille qui passe du statut mental de femme d'affaire battante à la petite fille à qui la peur de grandir lui fait perdre tout bon sens.
Comment
se fait-il qu'à un âge si décisif chaque décision prise est justement remise en question ou simplement anéantie?

C
andice se demande souvent ce qu'elle est. Une femme? Pas encore d'après elle. Une adolescente? Elle se trouve trop grande pour en être encore là.
Mais alors, à quelle sorte
appartient-elle?

"
Ma meilleure amie, Lila, a un homme qui l'aime plus que tout et qu'elle mène à la baguette, a été prise en BTS Management des Unités commerciales, voyage, gagne de l'argent, va passer son permis de conduire, a des dents parfaites, plein d'amis, parle l'allemand couramment,! Même qu'elle a des seins! Ca aussi c'est étrange et injuste!
J'ai l'impression de ne jamais
avancer dans ma vie,on m'a même refusé CA,des SEINS!!! Chose que toute pré-pubère attend que ce soit avec crainte ou empressement! Pourquoi moi, Candice Buisson n'aie pas eu droit à ce privilège tant attendu?
-"mais je t'envie, t'
as pas besoin de porter de soutif au moins" me disent mes copines du haut de leur 95C bien rempli!
Ben elles peuven
t parler hein...c'est pas leurs hommes qui vont se plaindre des sous-vêtements débordants de leurs femmes !
85A...ca
sonne comme une sale note eue en cours de Maths avec Monsieur Pingre en classe de première..."exécrable" qu'il notait en haut de mes copies bardées de rouge. Une déclaration officielle de guerre en gros...J'en viens à me dire que même en physionomie je suis nulle, la dernière, comme d'hab...

Aujourd'hui j
e fête mon troisième jour d'ermitage. Ouais, trois jours sans voir la lumière du soleil. J'ai pas été punie, à 19 ans ce serait bien le comble! Mais le désespoir m'a eue et j'ai pas voulu agresser l'extérieur avec ma tête de déterrée...J'ai pas toujours été comme ca, c'est à dire aigrie, râleuse, presque acariâtre...fut un temps ou j'étais pleine de vie, heureuse et épanouie, comme n'importe quelle midinette de mon âge! Peut-être que c'était ca le souci...trop heureuse pour que ca dure....un homme amoureux, une mère aux petits oignons, des amis dévoués, un job génial et les études qui vont avec...rien à en redire quoi!

Et là, avant que
j'ai eu le temps de digérer tout ce bonheur que j'avalais goulûment sans même prendre la peine de mâcher, que la crise de foie vient. Sans prévenir, imperceptible dans mes entrailles. Cette fourbe de malchance est revenue me rendre visite. Cette poisse détestable et horrifique a refait acte de présence, rasant tout sur son passage...Là mon homme parfait s'envole, j'apprends qu'il me trompe. Là je perds mon emploi parfait, mes cours intéressants et je me retrouve sur le site Pôle emploi à la recherche d'un job afin de pouvoir subsister au moins jusqu'à la saison prochaine....

J
e me souviens de la chansonnette "la Cigale ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue, quand l'hiver fut venu..." je suis la cigale. J'ai chanté tout l'été, sans prêter attention à ce qui pourrait m'arriver. Tant pis, le mal est fait et il est légèrement trop tard pour se poser des questions. Pour combattre les idées noires, je suis sous prosacs et c'est bien mieux ainsi!
Je ne
cherche pas à me faire plaindre, mais au moins avoir des seins, ce qui ne se fera sans doute jamais...

Ma copine S
andrine, elle a pas de poitrine non plus, plate comme une limande la pauvre fille. Je partage son désarroi, mais pas trop quand même; elle a un petit copain attentionné, gentil, un peu pataud sur les bords, mais bien sous tout rapport dirai-je. Un bon parti en somme! En plus, elle vit avec un superbe appartement en centre ville! Juste au-dessus du Monoprix! La vie rêvée de chaque jeunette de vingt ans."

C'est ce qu'elle
se dit en fumant cigarette sur cigarette les soirs de déprime un peu trop persistante.

D'autr
es soirs par contre, Candice trouve sa vie sympathique voire agréable. Ces moments-là sont malheureusement aussi inefficaces qu'inconsistants, ne durant jamais plus d'une nuit.
Il y'a de
ux jours justement, alors qu'elle s'ennuyait fermement dans l'appartement familial qui se situe à 20 minutes du centre ville à pied (quartier soit dit en passant pas vraiment engageant),
devant son écran d'ordinateur, l
a jeune fille pris rendez-vous avec un membre de la gente masculine. Oh pas le plus beau qu'elle ait pu mettre dans son lit, mais un mâle consistant qui, dans son dernier souvenir coïtal avec lui ntait pas trop mauvais. La dernière fois avec Patrick, c'était à nouvel an, le soir où elle était partie avec lui, laissant vert frustration son ex petit ami macho, Stéphane. Ah elle l'avait bien humilié ce soir là ! Et devant tous ses copains en plus, elle se rappelle qu'il lui en a vraiment voulu après ça...Mais Candice n'en n'a que faire de paraitre pour une trainée. Elle fait partie de la race des femelles désinhibées, qui se sentent libre de tout faire. La vertu est un détail auquel elle n'a jamais vraiment prêté attention, son premier petit plaisir solitaire étant né à l'époque des 2 be Free.

Bref
, ce soir là Patrick est libre comme l'air et enclin à se déplacer chez la frivole. Il sait d'avance ce qu'il va se passer et prend une douche pour l'occasion, se demande si il va se laver les cheveux et après coup se dit que ca n'en vaut pas la peine -« pour ce qu'on va faire de toute façon... ».
Patrick s
e sait dans la norme physiquement parlant.24 ans, cheveux mi-longs, châtain clair, une barbe de plusieurs jours qu'il qualifie de « virile » et un membre de taille plutôt pas mal. Il avait vu Candice à la soirée de Saint Sylvestre et l'a immédiatement trouvée à son goût, bandante même s'est-il dit en la détaillant si intensément qu'il aurait pu voir ses mensurations exactes.
Elle n
'avait opposé aucune résistance quand il l'avait emmenée dans sa Audi blanche, ni quand il l'a tripotée sous la ceinture ou introduit sa langue dans sa bouche. Il avait remarqué à ce moment-là que Candice avait les tétons piercés et oh surprise, son sexe aussi.
« Ca doit
être une vicieuse ! » s'est-il dit, en empoignant plus fermement l'objet de son désir.

« Mon Dieu q
u'il est maladroit ! C'est un clitoris mon gros, pas une sonnette ! Euuuh j'ai deux seins figure-toi que je ne suis pas amazone ! » S'exclamait intérieurement Candice sous les doigts baladeurs du pauvre Patrick. « Bon, j'espère que pour la pratique ce n'est pas pareil, sinon j'aurais encore perdu mon temps ! ».

-« Finale
ment cette nuit-là ne fut pas si mauvaise, même très agréable » se dit-elle en attendant son invité. -« J'espère au moins qu'il a pensé au vin ».

2
0h19 il arriva, deux bouteilles de vin sous le bras. Candice s'offrit à lui toute la nuit et toute la matinée avec une ferveur sans nom, sans doute le vin lui donna-t-il les élans qu'il fallait.

C
haque fois qu'une telle nuit se termine, la jeune fille est ravie, mais elle souffre aussi. Elle ne sait pas vraiment pourquoi, mais elle ne peut s'empêcher de penser à Lila et Sandrine, deux jolies filles bien rangées et à la façade heureuse, même si elle soupçonne Sandrine de se cacher sous le voile de la partenaire parfaite. Il y'a anguille sous roche, son amie est plus une bonne, une maman ou un vagin qu'autre chose. C'est une affaire qu'il va falloir suivre de près si je ne veux pas que mon pull serve encore une fois de kleenex!

# Postato domenica 20 dicembre 2009 07:00

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II


Son physique attire les
regards. En la voyant, on ne saurait lui donner un âge, son visage étant encore poupon, ses formes peu développées. Elle se dandine dans la rue plus qu'elle ne marche. Ses lèvres pulpeuses, ses joues rondes que l'on croquerait avec plaisir, ses yeux de biche se déposant sur un peu trop de personnes.
Les
hommes qualifient ce physique de « femme enfant », ce qui attire malheureusement son lot de pervers. Ce petit cul sous ces robes moulantes. Candice se refuse à porter des jeans, cela lui donne l'impression d'être prisonnière du vêtement.
Elle revête donc des robes, des jupes et ce, toujours accordées avec des talons qu'elle porte avec une grâce mal rée.
Elle sait et ignore l'
effet qu'elle fait sur les hommes. Elle les regarde tous et aucun à la fois. C'est le genre de fille que certains peuvent mettre dans leur lit alors qu'ils ne sont pas beaux et n'ont rien de spécial. C'est une fille mal assurée, juchée sur des talons qui lui permettent de penser qu'elle est belle et sexy. Lorsqu'on la regarde, elle détourne les yeux, de peur de choquer par sa laideur. Pourtant, son regard ambré en ravi plus d'un et a profité à des êtres d'une perversité sans nom.
Candice ne sait pas choisir
. Elle sait qu'avec ses 45 kilos et son mètre 62 elle ne pourra jamais se défendre si un jour elle croise le chemin d'un homme amateur de planche à pain au visage de poupée. Elle ne se méfie pourtant pas pour autant et poursuit ses escapades nocturnes, continue de se rouler dans des lits inconnus en se racontant, l'heure d'aps, des histoires de prince charmant. Chaque fois qu'elle donne son corps, elle espère que l'homme de cette nuit la gardera près de lui. Elle espère mais sait pourtant que ca ne se fera pas. Elle n'est pas le genre de fille avec qui l'on s'affiche en public. On a envie de la toucher, de la baiser, de se vanter de l'avoir prise, de force ou de plein gré, mais on n'a pas envie de faire un bout de chemin avec elle.
Fille
facile, voilà comment dans sa ville on la considère. Elle n'est aux yeux des autres qu'une antilope lâchée dans la savane, à la merci des lions en Ruth. Les lionnes, quant à elles, la regardent de travers, chuchotent sur son passage et n'aiment pas vraiment parler d'elle en bien.
Tout cela, Candice
le sait. Elle a d'ailleurs immédiatement fait le rapprochement entre elle et le Candide de VOLTAIRE, prenant son prénom comme une sorte de Fatalité, ce qui lui fit aussitôt penser au Jacques de DIDEROT. Les cours de littérature n'étaient pas si mal finalement...

« Eu
uuh ma chérie il serait peut-être temps que tu décolles de cet ordinateur non ? J'attends mon tour moi aussi ! Bientôt ce sera comme à la boucherie, chacun devra prendre un ticket ! » Dit Madame Chamouny d'un ton agacé.
Je me demande bien comment elle va tourner celle-là, je me rappelle moi qu'à son âge, pas de technologie, du travail qu'on trouvait coûte que coûte, des parents pas très patients avec un martinet à la place du bras ! » Se surprit à penser la mère de Candice.

Joëlle C
hamouny, anciennement Buisson, est la maman de Candice. Une femme bien dans sa peau, 47 ans qui n'assume pas tout à fait son addiction aux hommes et qui préfèrerait mourir plutôt que sa fille ne l'apprenne. Mariée durant 16 années qu'elle crut une éternià un homme sans intérêt, sans gt et aux performances sexuelles quelque peu limitées, Joëlle décida qu'il était temps de faire quelque chose afin d'assouvir ses ardeurs qui lui martelaient les reins. Elle quitta donc Simon Buisson, pris Candice sous le bras et se retrouva dans un deux pièces mal situé, à la moquette abîmée et aux murs jaunis. Aux yeux de l'épouse, rien n'était plus beau que la liberté et le plaisir de se retrouver avec elle-même et ses désirs les plus profonds. Elle n'a jamais trompée son mari, mais en a plus d'une fois eu l'envie, la tentation. Comme le jour où elle rencontra cet homme dans un bar un soir, sans connaitre son prénom, sa ville, ses intentions, elle le suivit, ne sachant pas vraiment pourquoi, dans ce qu'il appelait « sa garçonnière ». Elle prit ses jambes à son cou lorsqu'il sortit de sa poche un sachet de pilules bleues. Sur le chemin du retour, elle se dit « d'accord pour avoir une vie sexuelle, mais pas pour retourner avec un impuissant ! Demain, je quitte Simon et m'en vais à la chasse à l'homme qui bande tout seul ».

Candic
e, qui malgré ce que sa mère croyait n'ignorait rien des petites expériences de celle-ci, l'enviait. En effet, jamais Joëlle ne s'était permise de retomber dans le piège que tend l'amour, ce qui n'était pas le cas de sa fille, une Marie-couche-toi-là au c½ur tendre.

Elle adressa à sa mère un sourire et se leva de la chaise pour la laisser régner sur le trône des mamans volages.

« Lor
squ'on a dix-neuf ans, la vie n'est pas aussi simple qu'on le croit. C'est l'âge où tout se construit, y compris le corps et le c½ur. On tente de se forger un caractère aussi solide que possible, mais pour moi, ce n'est pas possible, vraiment pas...Je n'ai que 6939,6178 jours et je dépose les armes. Blasée, voilà le qualificatif qui me correspond le mieux. Non, je en broie pas du noir, mais j'ai ouvert les yeux afin de mieux décrypter ce qui se déroule autour de moi, une scène appelée couramment la vie.

Moi je veux le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière. Moi je veux le boulot sans trop d'efforts, la réussite sociale sans perdre haleine, le mec, le cul, l'amour sans avoir à changer quoi que ce soit.

B
on, aujourd'hui que faire ? Personne n'est là, tous en cours ou au boulot, je suis la seule chômeuse, je toucheme pas les Assedic, en plus. Bref tout ce qu'il me reste à faire c'est mon introspection journalière, faute de mieux. Mais bordel, c'est quoi mon problème ? C'EST QUOI MON FOUTTU PROBLEME ????? »


Candice a
en effet un souci. Elle se déteste. Sa vision d'elle-même est brouillée au point qu'elle tombe comme une feuille morte dan les bras du premier qui lui dira qu'elle est jolie. Sans aucun repères, la jeunette se donne corps et âme dans des relations à sens unique, où elle donne tout et l'autre rien.

# Postato lunedì 05 ottobre 2009 07:34

Modificato domenica 20 dicembre 2009 06:59